| FR 435/603: Seminar in 17th-Century French Drama |
Le siècle se divise en 2 grandes périodes politiques très différentes, mais il y a interpénétration.
caractérise la première moitié du siècle.
L'Illusion comique est un exemple de l'esthétique baroque.
dans tous les domaines -- arts, littérature, architecture, vêtements, meubles -- le baroque privilégie l'excès, l'artifice, l'exagération, le refus des contraintes, la complexité, l'ostentation.
une esthétique de l'illusion, du trompe-l'oeil en peinture et sculpture.
un style très orné, compliqué, fantaisiste en architecture; une profusion d'arabesques et de guirlandes.
une esthétique qui met en valeur la magie, la métamorphose, le goût de la transformation.
voir J. Rousset, Circé et le paon: le baroque au 17ème.
1. "Le parfait équilibre entre les passions et la raison est impossible et d’ailleurs contre la nature." (Pascal, 1623-62, qui aide à déterminer la doctrine classique)
2. "Entre mon repos et mon vertige [= désir], je choisis mon repos." (Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves, fin du 17ème)
1. La règle de l’imitation de la nature idéale, la nature humaine idéale. Les meilleurs exemples sont chez les anciens (Grecs, Romains). Il faut imiter les anciens qui fournissent des exemples parfaits du beau. Quand il faut opérer un choix, c’est la raison qui préside. Aristote = raison.
2. La règle de la vraisemblance ou de la vérisimilitude. Ce n’est pas le réel, ni ce qui a pu se passer, mais ce qu’on croit s’est passé. Un fondement culturel. La pièce doit être acceptée par la société du 17ème et ses moeurs. Une vision culturellement acceptable (sans grand souci de vérité historique) d’un personnage ou événement historique. Exemple -- Le Cid correspond à la vision culturelle du 17ème, pas nécessairement à celle de son époque historique. Il faut viser la réalité la plus normale, la plus équilibrée; on préfère le général au particulier, d’où l’universalité du théâtre classique.
3. La règle des bienséances. Un code moral. Il faut créer et conserver une harmonie entre l’oeuvre d’art et le public. Une pièce classique ne devrait pas avoir de propos déshonnêtes, répugnants, violents, incestueux, adultères, etc. (Par exemple, pour cacher l’Oedipe, on change le père en oncle.) On ne tue pas sur scène. Il y a un respect prude, étroit, de la "bonne éducation".
"Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli." Boileau, L’Art poétique
1. Unité d’action. Une seule action principale, un principe de cohérence. Il faut minimiser les actions secondaires.
2. Unité de temps. Enfermer la pièce dans une révolution du soleil, 24 heures.
3. Unité de lieu. Une conséquence des 2 unités précédentes. Chez Racine, le lieu tragique préféré est l’antichambre, le corridor, un espace indistinct entre plusieurs autres espaces. Corneille est moins strict.
Le résultat de toutes ces règles est une pièce très structurée, une forme dramatique très dense et concentrée, une grande stylisation où il ne s’agit que de l’essentiel. Une certaine sécheresse.